Jeudi 13 mars 2008
Voici un communiqué de l'autre liste :

En décidant de ne pas respecter les électrices et électeurs ayant choisi de voter au 1er tour pour l’autre liste, Pierre Cohen s’exonère du minimum démocratique. Ne pas respecter les électrices et les électeurs de gauche s’étant prononcés sur un programme souhaitant enrichir celui de du Parti Socialiste est une erreur politique et un déni démocratique.

Pierre Cohen a eu pour seule proposition le débauchage d’une personne, François Simon, au lieu d’envisager un accord entre deux listes. Il a aussi fait preuve d’irrespect quant à la proportionnalité et aux colistiers de l’autre liste. Ceci au regard des enjeux d’une victoire de la gauche à Toulouse.

François Simon s’est exprimé au nom de l’autre liste à l’heure limite du dépôt des listes de second tour en Préfecture :
« La différence entre une et trois places, c'est celle entre le débauchage et le respect. Je regrette que Pierre Cohen ne tienne pas compte des 14 000 électeurs qui ont voté pour deux listes (l’autre liste 5,42% et Debout 5,07). Nous laissons les électeurs de l’autre liste choisir en conscience entre battre la droite et le déni de démocratie. Nous ne donnons donc aucune directive de vote.»



Et voici un communiqué de la liste Debout ! : 

Au terme d'une campagne unitaire dynamique et réussie, la liste « Debout ! » a réussi à rassembler plus de 5 % des voix. Ce score participe de la percée des listes de « la gauche qui ne renonce pas' » un peu partout en France.
Si la proportionnelle intégrale – seul système électoral démocratique – était en vigueur, nous aurions obtenu 3 élu-e-s pour représenter 6789 toulousain-e-s.

Le système électoral en vigueur laisse quant à lui la possibilité à une liste ayant franchi la barre des 5 % de fusionner au second tour avec une liste ayant dépassé les 10 %. Soucieux de permettre le rassemblement le plus large de toutes les gauches, pour battre la droite, nous avons fait la proposition à la liste Cohen d'utiliser cette possibilité légale.

Contrairement à ce qu'affirme le communiqué de la liste Cohen, nous avons adopté cette position dès le début de la campagne. Les dirigeants du PS, du PCF et des Verts ont refusé notre offre. Cette attitude que nous déplorons appelle de notre part plusieurs remarques :

1/ A juste titre, Pierre Cohen dénonce depuis le début de sa campagne le déficit démocratique à Toulouse. Il a même appelé à une « révolution démocratique ». Cela commence mal : sa première décision constitue un vrai déni de démocratie. Faire le choix d'éliminer notre liste et celle que conduit François Simon du second tour, c'est nier à 11 % de toulousain-e-s qui ont voté pour nos listes le droit d'avoir des élu-e-s qui leur ressemblent.

2/ Au plan politique, le PS estime que Toulouse se gagne au centre. Il préfère tenter de séduire l'électorat centriste et envoyer ainsi un message négatif aux 14 000 toulousain-e-s, qui ont voté à la gauche de sa liste au premier tour. C'est un choix que nous ne partageons pas et nous lui souhaitons de ne pas le regretter dimanche soir. Pour nous, Toulouse se gagne à gauche. Parce que face à la droite dure, nous continuons à penser que les classes populaires aspirent à une gauche qui s'assume et qui résiste.

3/ Nous l'avons dit et répété, au-delà des critiques que nous faisons au PS, nous ne confondons pas la droite et la gauche. Nous souhaitions et nous souhaitons toujours la défaite de la droite au pouvoir depuis 37 ans à Toulouse. Mais en nous écartant de cette bataille, le PS et ses alliés estiment qu'ils sont mieux placés que nous-mêmes pour convaincre les électeur-rice-s des listes de la gauche radicale qu'il faut voter en masse pour eux dimanche prochain. Dont acte.
par gk publié dans : Divers
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Mercredi 12 mars 2008

L'épisode des alliances est terminé. Chaque camp a choisi sa stratégie. Si Jean-Luc Moudenc a choisi d'ouvrir sa liste à huit membres du MoDem, Pierre Cohen n'a pas opté pour le choix de l'ouverture. Il avait pourtant rencontrer les trois listes ayant fait plus de 5% lors du premier tour, mais cela n'a pas suffit. Fort de ses 39% des suffrages, il estime avoir fait un score assez élevé pour se passer d'alliances électorales qu'il ne souhaitait visiblement guère.
 
Il a fermé la porte à la LCR et au MoDem, et a proposé une place à François Simon, qui en demandait six, puis quatre, et qui a finalement refusé d'être le seul représentant de L'autre Liste. Quelles sont les réactions à gauche ? François Simon, dont le leitmotiv depuis le début de sa campagne était d'organiser une coalition avec la liste de Pierre Cohen après le premier tour, a du mal à cacher sa déception : « Je ne suis pas un mercenaire et je n’accepterai pas ces méthodes de débauchage à la Sarko. Si ce n’est pas du mépris ça y ressemble » (
http://municipalestoulouse.blogs.nouvelobs.com/). Il n'a donné aucune consigne de vote à ses électeurs, qui feront comme bon leur semble. 

Myriam Martin, elle était en colère. Fort des 5% obtenus par la liste LCR-Motivé(e)s, elle postulait pour six places au Conseil municipal, elle n'a rien eu et lâche : "Je crois que la machine à perdre est enclenchée à gauche alors qu’une fusion démocratique aurait dû être faite au soir du premier  tour" (
http://municipalestoulouse.blogs.nouvelobs.com/) Sans donner de consignes de vote, elle a tout de même appelé à battre la droite.

Pourquoi Pierre Cohen a-t-il rejeté toute alliance ?

L'alliance avec la LCR faisait peur à la liste du candidat socialiste. François Simon avait fait une union de la gauche pour le second tour, lorsqu'il était candidat en 2001, et cela n'avait pas été concluant puisqu'il avait perdu.
Concernant l'autre Liste,  M. Cohen n' a sans doute pas digéré que celui-ci ait présenté une liste dissidente au PS, et l'a sanctionné en ne lui proposant qu'une place sur sa liste.

Cette stratégie de non-ouverture, bien qu'elle suscite des remous peut apparaître cohérente. Il estime qu'il a une équipe qui fonctionne, qui plaît aux Toulousains, et surtout, qu'il a déjà rassemblé la gauche en s'alliant avec les Verts, le PCF, le PRG et le MRC avant le premier tour. On aurait pu penser que l'alliance de Jean-Luc Forget à Jean-Luc Moudenc changerait la donne. Il n'en fut rien. Pierre Cohen, sur TLT, a même critiqué M. Forget : "Il a trahi ses colistiers et ses électeurs", a-t-il dit. La campagne du second tour est lancée.

par gk publié dans : Enjeux
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