Vendredi 14 mars 2008
J'ai rencontré Etienne Durand-Raucher, 22 ans, jeudi 13 mars. Membre du MoDem (septième sur la liste de J-L Forget), il est devenu mardi colistier de Jean-Luc Moudenc. Il a accepté de répondre à mes questions. Voici donc l'interview.


Comment interprétez-vous le score obtenu par le MoDem au premier tour (5,90%) ?
 
C'est un score en deçà de nos espérances. L'objectif, qui était de faire plus de 10% me semblait légitime. Cela peut s'expliquer par rapport au contexte national. Notre score est dans la moyenne nationale des villes où le MoDem n'était jusque-là pas implanté.
On a également pâti du manque de notoriété de notre équipe et de Jean-Luc Forget. On n'a pas été aidé pas la couverture médiatique, qui privilégiait les deux principales listes. Mais notre score est un socle intéressant pour l'avenir
 
Pourquoi avez-vous choisi de rejoindre l'équipe de Jean-Luc Moudenc ?
 
Ce score nous permettait de fusionner avec une autre liste. Nous souhaitions participer d'une façon ou d'une autre à la gestion de la ville. Les critiques, les propositions que nous avions formulé tout au long de la campagne nous obligeaient à agir. Jean-Luc Moudenc a accueilli nos propositions sur trois thèmes principaux qui nous tenaient à cœur : l'accueil des petites et moyennes entreprises par le développement d'un guichet unique, organiser des Etats Généraux de la mobilité et des transports, afin d'anticiper la demande, et pouvoir exprimer notre conception de la démocratie locale.
Nous trouvons que l'équipe de Jean-Luc Moudenc gère bien la ville. Aujourd'hui, la politique a changé. On veut faire en sorte que les Toulousains soient écoutés, qu'on prenne le temps de réfléchir, de se concerter, avant d'agir. C'est un élément essentiel de notre projet.
 
Des colistiers de J-L Forget ont vivement manifesté leur désaccord à cette alliance. Qu'en pensez-vous ? 
 
Certains colistiers ont formulé des critiques, je le comprends. Il n'est pas facile quand on est de sensibilité de gauche d'intégrer une équipe de droite. Moi-même, je suis du centre, je n'ai donc pas eu de difficultés à l'accepter. Par contre, je ne comprends pas la façon dont c'est sorti dans la presse, avec des mots dits dans la colère. Il y a eu un dialogue avec les colistiers. Le MoDem se doit d'être dans l'action, ne peut plus être spectateur. On n'est pas un mouvement de réflexion politique, on doit agir !
 
Mais ces colistiers ont mis en cause la légitimité du vote, notamment sur le fait que tout le monde n'était pas présent….
 
Tout le monde n'était pas présent, mais on devait se décider dans l'urgence : on devait déposer les listes à 18h le mardi. Je ne comprends pas l'illégitimité du vote : Jean-Luc Forget n'a forcé personne, il a pris position. Il ne l'a pas fait pour son confort personnel, il l'a fait pour porter les valeurs du MoDem. Il n'est pas là pour faire une carrière politique. D'ailleurs, on ne commence pas une carrière politique à 49 ans.
 
Que peut apporter le MoDem au programme de J-L Moudenc ?
 
Nous avons porter nos exigences sur trois thèmes. Pour le reste, nous n'entendons pas refaire le programme de Jean-Luc Moudenc, tout simplement parce qu'il a obtenu plus de 40% des voix alors que nous 6%. La diversification de l'économie passe par la création d'une maison de l'entreprise. Au sujet des transports, nous pensons que le métro est un acquis fondamental. Nous voulons maintenant réunir tous les acteurs pour organiser les Etats Généraux de la mobilité et des transports pour réfléchir à l'avenir de Toulouse.

Par rapport à la démocratie locale, la ville doit être gérée comme une ville du XXIème siècle. Jean-Luc Moudenc a tout de suite accepté notre point de vue, et on n'a pas eu de mal à le convaincre. L'équipe sera à l'écoute des toulousains. On sera jugé sur nos résultats, on n'a donc pas le droit de se tromper. Nous voulons réunir tous les acteurs de la ville afin de créer une concertation sur les grands projets urbains, sur les transports. La mairie a des outils : le référendum, en est-un, mais on peut aussi imaginer une réorganisation des mairies de quartier. Il y a une solidarité du groupe. D'ailleurs, et cela faisait partie de nos exigences, il y aura un groupe MoDem autonome au sein de la municipalité.
 
La présence de Mme Husson-Barnier sur la liste pose-t-il un problème au MoDem ?
 
Nous avons huit colistiers. Il revenait à Jean-Luc Moudenc de considérer qui devait partir. La fusion, c'est un moment difficile pour nous, mais aussi pour l'équipe accueillante. Nous n'avons pas à nous prononcer là-dessus, mais en tous cas, Mme Husson ne représente pas le MoDem au sein de la liste de Jean-Luc Moudenc.
 
Quels sont selon-vous les points forts de Jean-Luc Moudenc ?
 
C'est un homme de terrain, ça n'est pas un homme d'appareil. Il a su rassembler, nous écouter, revoir des propositions, et, je dirai même, les multiplier. C'est selon moi notre principale force, être une équipe rassemblée, diversifiée. Jean-Luc Moudenc est quelqu'un de tout sauf sectaire et qui est très à l'écoute.
 
Pierre Cohen est donné favori par les sondages. Croyez-vous encore à la victoire ?
 
Je crois que la question a été posée avant l'annonce de la fusion avec notre équipe. De toute façon, je ne prête pas attention aux sondages. Je suis serein car on a créé une dynamique à laquelle les Toulousains vont être sensibles. La fusion du MoDem peut changer la donne. 
par gk publié dans : Quelques questions à...
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Vendredi 14 mars 2008

Environ 2 000 personnes sont venues soutenir la liste emmenée par Jean-Luc Moudenc, jeudi soir, salle Jean Mermoz. Dans un premier temps, Fabien Pelous assurait l'animation, jusqu'à l'arrivée des colistiers accompagnés d'une musique retentissante, puis de Jean-Luc Moudenc, Jean-Luc Forget et Yvette Benayoun-Nakache, qui ont serré des mains à tout va pendant une dizaine de minutes sur un rythme disco. 

C'est d'abord le nouveau n°3 de la liste, M. Forget (MoDem), qui a prononcé un discours. "Nous sommes là pour Toulouse, pour l'avenir de cette ville", a-t-il dit. Il est revenu sur sa campagne, qu'il a qualifié comme "un moment où l'on peut et l'on doit faire part de nos inquiétudes". Il poursuit : "L'inquiétude est nécessaire à l'action. (...) Pouvions nous demeurer spectateur d'un constat ? Cela n'aurait pas été responsable. Cela n'aurait pas été à la mesure de notre ville".  Au sujet de la fusion, intervenue mardi, il déclare : "Jean-Luc Moudenc a accueilli. Nous sommes accueillis avec nos propositions. Nous sommes aujourd'hui dans l'addition des énergies", tout en affirmant : "je ne suis pas un mercenaire".
 
Il a ensuite développé les points sur lesquels le MoDem devra travailler. " La mairie peut être plus accueillante pour les entreprises", dit-il, en émettant l'idée de la création d'un guichet unique. Au sujet des transports, "nous avons dit qu'avant de dessiner, il fallait organiser les Etats Généraux de la mobilité ", proposition acceptée par M. Moudenc. Quant à la démocratie locale, il plaide pour "des lieux dédiés à l'écoute. Ce n'est pas perdre du temps que de prendre le temps de bien décider". Moins critique vis à vis du maire sortant que pendant le reste de la campagne, il déclare à son propos : "Toulouse est gouvernée, gérée sainement (...). Ensemble, avec nos différences et avec nos complémentarités, nous allons, nous avons le devoir, de faire gagner Toulouse".

C'est au tour de Jean-Luc Moudenc de prendre la parole. Il se montre tout de suite critique à l'égard de Pierre Cohen : "nous avons noter l'impossible rassemblement dans le camp adverse", dit-il. Il s'est dit sastisfait de mener "une équipe composée de femmes et hommes aux parcours divers mais qui se sont engagés à jouer une partition, celle de "Toulouse pour tous" ". Fier du résultat du 9 mars, il déclare : "Dimanche dernier, nous sommes arrivés en tête, (...), ce n'est pas ce qu'annonçaient les sondages !".  

Il est lui aussi revenu sur l'intégration de huit membres du MoDem dans la liste : "Nous avons décidé de mettre en commun nos projets pour mettre plus de force dans l'engagement au service des toulousains". Il poursuit : "La diversité, c'est ce qui nous différencie de nos concurrents", et déclare de Cohen : "il veut gouverner seul, tout seul. Il ne veut discuter avec personne" et continue : "Chaque fois que Monsieur Cohen essaie d'expliquer son programme, les Toulousains comprennent que ça serait davantage d'impôts et donc, une baisse du pouvoir d'achat". 

Puis, il a parlé de la jeunesse : "notre équipe comprends de nombreux jeunes talents, qui représenteront les étudiants et la jeunesse, et du développement durable : "tout le monde se préoccupe du développement durable. Avec près de 200 jardins dans Toulouse, je me dis que nous avons su anticiper". Il s'est également félicité que l'agglomération crée 10 000 emplois : "c'est l'exploit que nous réussissons à Toulouse depuis une dizaine d'années", et en a profité pour critiquer à nouveau son adversaire. "Monsieur Cohen n'est pas crédible lorsqu'il parle de création, d'ambition et de développement d'emplois". 

Son projet, Jean-Luc Moudenc le résume de la sorte : "Osons l'ambition", soulignant la candidature de Toulouse pour devenir capitale européenne de la culture en 2013, "ce qui serait une opportunité unique", renchérit-il. Il conclut : "pour toutes ces raisons-là, ne nous trompons pas ! (...) Osons l'ambition, osons l'avenir, osons aller plus loin ensemble, et vive Toulouse". La musique reprend, et l'assistance quitte peu à peu la salle, visiblement satisfaite.
 

par gk publié dans : Infos
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