La bataille des municipales s'annonce ouverte

Publié le par gk

Qui peut aujourd'hui affirmer quel sera le maire de Toulouse au mois de mars prochain? Il est en effet pas évident de porter un quelconque a priori, tant les futures municipales paraissent si ouvertes. 
Déjà, la configuration politique est inédite : c'est la première municipale de "l'après Baudis" ( car en 2001, M. Douste-Blazy avait été son protégé), et du coup les deux principaux partis politiques, à savoir l'UMP  et le PS, ont choisi des candidats qui ne sont pas des ténors, ni des personnalités connues et reconnues. 
A droite, Jean-Luc Moudenc, actuel maire de Toulouse, croît fermement en ses chances et veut se démarquer de l'image véhiculée qui fait de lui un "maire par intérim". Il s'est déclaré candidat il y a un an et barre la route à Philippe Douste-Blazy, dont l'image s'est considérablement ternie depuis qu'il a filé à Paris pour occuper les postes de ministre de la santé, puis ministre des affaires étrangères. 
Seulement, même si M. Moudenc s'est construit une certaine notoriété depuis qu'il est le maire numéro un, il n'est pas non plus d'une extrême célébrité. Par contre, son avantage est qu'il laisse une mairie qui n'est pas endétée. Son programme se basera sur le projet que Toulouse soit dans le top 20 des métropoles européennes d'ici 2020. 
M. Moudenc peut peut-être être inquiété par la montée en puissance du Modem, le parti démocrate de François Bayrou. Pour l'instant, aucun candidat n' a été choisi, mais il se pourrait que cela soit Jean-Luc Forget, candidat à la première circonscription de Haute-Garonne aux législatives. Le Modem, qui se veut résolument centriste, ne proposera pas un programme semblable à celui de l'UMP, puisque des thèmes comme l'écologie, la démocratie dans la ville, les inégalités sociales sont devenus prioritaires pour se jeune mouvement. Le Modem est la véritable inconnue de ces municipales à Toulouse. Le parti est entrain de réussir à se dégager de cette image de "droite" que l'UDF avait et que le Nouveau Centre - parti d'Hervé Morin- a maintenant (délibérément, d'ailleurs), ce qui peut peut-être lui ouvrir des portes au niveau électoral, en grapillant des voix aux déçus des deux gros partis, l'UMP et le PS.
Du côté du parti socialiste, le désistement de Martin Malvy semble l'avoir plongé dans le doute. Certes, les militants ont choisi un candidat, Pierre Cohen, mais celui-ci est loin de faire l'unanimité. Le maire de Ramonville et député de la 3ème circonscription de Haute-Garonne est apprécié mais peu connu des Toulousains (moins que M. Moudenc). Pierre Cohen a déclaré qu'il souhaitait voir naître son programme avant le 15 janvier 2008, soit deux mois avant les municipales. Les résultats des élections présidentielles (57% de votants en faveur de Mme Royal) et des élections législatives (56% pour le P.S.) à Toulouse montrent que les électeurs ont une sensibilité de gauche au niveau national. En est-il de même concernant la ville rose? Rien n'est moins sûr : le même cas de figure s'est produit en 1989, en 1995 (les électeurs toulousains votent à gauche au niveau national), pour à chaque fois une victoire de la droite aux municipales, même s'il on peut nuancer ce propos puisque le maire de l'époque était Dominique Baudis, très apprécié des Toulousains. 
Mais à la gauche du parti socialiste, on entend profiter de l'abscence de leader charismatique pour pouvoir jouer un rôle. Les trois candidats (plus ou moins déclarés) qui se détachent sont François Simon, candidat du PS en 2001, mais qui a depuis quitté le parti et souhaite mener, à la manière de la liste qu'il  a proposé aux législatives, une candidature dissidente du PS, avec pour thèmes fondamentaux l'écologie et la lutte contre les inégalités. L'autre candidat sera peut-être Gérard Onesta, vice président de Parlement européen, et favori des Verts. Mais il ne faut pas oublier non plus le dirigeant du PRG (parti radical de gauche), M. Baylet, qui est également le patron de la Dépêche. D'ailleurs, dans le journal du 7 novembre, un article se montre très critique vis à vis de l'image du parti socialiste et de ses opinions, ce qui tend à suggérer que M. Baylet, s'il se présente, ne fera pas alliance avec le PS au premier tour.
Ainsi, le leadership naturel du PS à gauche ne paraît pas si évident, dans la mesure où les trois autres candidats sont loin d'être des seconds couteaux.
On l' a donc remarqué, la question même du leadership des deux gros partis nationaux semble aussi incertaine, à droite, comme à gauche.
On en revient donc à la première quetion : qui sera le maire de Toulouse en mars prochain ? 

G.K.

Publié dans Enjeux

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