Le désastre des banlieues toulousaines

Publié le par gk

Depuis novembre 2005 et le désormais célèbre embrasement des banlieues de France, ces quartiers "difficiles" étaient restés dans l'ombre de l'actualité, et de l'action politique. Il a fallu de nouveaux des incidents, de nouvelles violences, pour que l'opinion public (et les politiques?) réentendent parler de banlieues.
A Toulouse, cela fait quelques jours que les quartiers de Bagatelle, d'Empalot ou de Bellefontaine connaissent des remous, des frictions avec les forces de l'ordre. 
Alors, essayons de comprendre pourquoi, ces quartiers sensibles sont sujet à la violence plus que d'autres quartiers. Déjà, comment expliquer qu'à Toulouse, la moyenne de chomage est de 9,6%, et que dans ces quartiers le chômage concerne 30 à 40 % des habitants? Et chez les jeunes de 18 à 25 ans, le taux est de 50%. Mais le taux de chomage n'explique pas tout.. 
Ces jeunes ont une haine profonde envers l'Etat, ils s'estiment des laissés pour compte, et comment ne pas leur donner raison. Qu'est-ce qui a changé depuis novembre 2005 pour les jeunes de banlieue? ...
Est-il normal que la République accepte de telles inégalités sociales, que ce soit au niveau de l'éducation, du travail, du logement?

Toulouse, voulait dans les années 1960 faire du quartier du Mirail un second "centre"...  On peut dire , pratiquement cinquante ans plus tard que cette perspective a échouée... A Toulouse, où est la mixité sociale dans ces quartiers? Qui va dans ces quartiers, à part le police, les pompiers, les ambulanciers? Pourtant, ces quartiers, ça n'est pas le far-west, ni la jungle : de nombreuses activités culturelles, sportives,  sont proposées, notamment à Bellefontaine, où il y a une grande maison de la culture, un centre pour l'emploi...
Les élections municipales approchent. Il est temps que les candidats proposent des projets ambitieux pour les banlieues toulousaines. Les solutions existent : redoubler l'accompagnement à la scolarité des jeunes, dès le primaire (cela se fait, mais pas encore suffisament), donner une formation aux parents pour qu'ils sachent lire et écrire, pour qu'ils puissent suivre ce que font leurs enfants à l'école. Proposer des services publics quelque peu à l'image de ces quartiers, ça n'est pas le cas aujourd'hui, ou du moins, pas assez. Développer les transports en commun. De plus, depuis quelques années (cinq ans et demi), on répond à la violence par la répréssion, uniquement, comme si c'était le seul moyen. Un constat,  tend à prouver que cette politique de répression est vouée à l'échec.... 
Alors, messieurs les politiques de la ville, n'oubliez pas ces quartiers, proposez des solutions pour que la société reconnaisse enfin les habitants de ces quartiers comme il se doit, et pour en finir enfin avec la ghettosisation de la ville. Plus d'égalité, plus de solidarité, plus de fraternité, ne serait-ce pas cela dont la ville aurait besoin?
Comme un symbole, depuis quelques années, le centre ville de Toulouse est choyé, aménagé, et il change à vue d'oeil.. Mais si on regarde une dizaine de kilomètres plus loin, peut-on en dire autant?

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