Quelques questions à François Simon, candidat de l'Autre liste

Publié le par gk

J'ai rencontré François Simon mardi 29 janvier. Voici l'entretien que j'ai eu avec lui.


Qu'est-ce qui fait la spécificité de l'Autre liste par rapport aux trois autres listes de gauche ?
 
L'Autre liste n'est pas dans une logique d'alternance, où ce qui importerait serait de battre la droite. C'est pourquoi on ne se retrouve pas dans la liste du PS. On ne se reconnaît pas non plus dans les listes LCR et LO, qui veulent une place au Conseil Municipal dans un but contestataire. Nous voulons, si le score nous le permet, des élus qui ont des responsabilités, pour montrer que l'on peut faire de la politique autrement.
 
Que proposez-vous pour les quartiers "difficiles" de Toulouse ?
 
On veut faire en sorte que tous les quartiers soient traités sur un pied d'égalité. Pour les quartiers populaires, nous avons des propositions par rapport aux discriminations, par rapport à l'emploi, pour les activités des plus jeunes, sur la gratuité des transports, et pour une dynamique écologique, y compris dans les quartiers.
 
Quelles sont vos propositions en matière de culture ?
 
On veut en finir avec la confrontation entre la culture d'élite et la culture quotidienne. Nous souhaitons rehausser le budget municipal de la culture, en le faisant passer à 16%, voire à 17%, comme c'est le cas à Nantes. Nous voulons conserver les grands évènements culturels actuels, tout en mettant en place dans toute la ville des structures associatives qui regroupent des activités (théâtre, poésie…). Nous voulons que chaque structure dispose d'un lieu de création, d'un lieu de représentation et d'un budget propre. Aussi, nous souhaitons que ses structures se regroupent pour organiser des festivals tout au long de l'année.
 
 Vous souhaitez créer "des postes d'agents de médiation sociale dans les services publics". Quelle serait leur fonction ?
 
Aujourd'hui, il y a une telle désagrégation dans la société, un si haut degré de violence, que souvent, on remarque des conflits entre les personnels du service public et les personnes qui viennent s'y adresser. Pour y remédier, nous souhaitons créer une structure pour mieux former le personnel face à ces difficultés, et d'autre part nous souhaitons qu'ils soient en capacité de mieux répondre à cette souffrance. Nous voulons que tous les services publics puissent ramener la demande d'une personne à son bon interlocuteur.
 
 Qu'est-ce qu'une "véritable démocratie citoyenne" selon vous ?
 
C'est le contraire de ce que fait la ville de Toulouse en ce moment. En 2001, Lionel Jospin a fait une loi sur la démocratie de proximité, appliquée à Toulouse par Philippe Douste-Blazy de façon incongrue, en créant 17 secteurs, avec des membres de conseil de quartiers choisis, et ceux-ci se déroulant à huit-clos.
Nous voulons une démocratie ouverte, c'est à dire des conseils de quartiers ouverts à tous, des responsables élus par les gens du quartier. Ces conseils de quartiers, nous souhaitons qu'ils aient un budget propre, un gestion de leur salle propre. Nous voulons aussi qu'ils se regroupent en collectivité des conseils de quartier pour donner leur avis sur les décisions budgétaires, notamment.
On veut aussi faire modifier la loi, pour créer de véritables arrondissements dans la quatrième ville de France. Avec des arrondissements, 20% du budget est voté par les mairies d'arrondissement, et cela permet d'avoir une représentation de tous les quartiers. Au conseil municipal actuel, combien d'élus viennent du Mirail ? Aussi, quand une mairie locale a une question, la mairie principale est obligée d'y répondre dans les six mois.
 
Vous allez faire une campagne sans tracts ni affiches. Ne craignez-vous pas d'être marginalisé en agissant de la sorte ?
 
Nous ne participerons pas à la guerre des affiches, nous ne collerons pas des tonnes d'arbres contre les murs. Nous aurons tout de même quelques affiches, un journal de campagne, quelques tracts. Mais notre volonté est de convaincre par le débat. De plus, cela va de pair avec nos notions d'écologie, d'économie et d'éthique. Il faut tout de même signaler que notre budget est quatre fois inférieur à celui du PS.
 
Pensez-vous être le plus à même des candidats à pouvoir mener une politique écologique de grande ampleur ?
 
Oui. Notre obsession est d'agir à Toulouse dès aujourd'hui tout en ayant une vision sur ce que Toulouse sera dans trente ans. Nous voulons apporter des contraintes écologiques qui remettent en cause les principes fondamentaux du système actuel. Il faut notamment une restructuration de l'économie, au delà de l'aéronautique. Je défie tous les autre candidats d'oser remettre en cause des fondements basés sur la croissance, les investissements, les profits. Nous, on le remet en cause.
Nous proposons des transports gratuits, ce qui permettrait aux gens de ne pas utiliser la voiture dans l'agglomération, un plan de climat qui utiliserait 100% des énergies renouvelables, un plan d'urbanisme avec des contraintes écologiques pour toutes les constructions. Nous voulons aussi municipaliser le budget de l'eau, et favoriser la construction des quartiers écologiques, tels qu'à Londres (Bed ZED).
 
Vous n'avez jamais caché votre volonté de fusionner avec la liste de Pierre Cohen au second tour. Avez-vous discuté avec lui des modalités de cette union ?
 
Nous attendons toujours qu'il nous appelle. Mais on ne fusionnera pas sans en avoir au préalable fixé les modalités. Nous voulons le respect de l'équilibre de la proportionnelle du résultat du premier tour et des postes à responsabilité dans la gestion de la ville, pour montrer que l'on peut faire de la politique autrement.
 
Une alliance PS-MoDem-l'Autre liste est-elle envisageable au second tour ?
 
Toute alliance du PS avec le MoDem exclurait tout accord avec l'Autre liste.
 
Finalement, quel est l'objectif de l'Autre liste pour les municipales ?
 
Convaincre sur les idées, et convaincre les électeurs pour peser le plus possible sur le devenir de notre ville.
 
 
 

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Gold31 02/02/2008 19:35

Au risque de vous surprendre, j'ai trouvé la prestation de monsieur Simon au cours de notre récente réunion de la république des blogs, touchante. Ceux qui me connaissent sur mon blog, savent que j'ai la réputation de dire ce que je pense, y compris contre mon camp parfois, lorsque cela s'impose.
M. Simon est je le pense un homme sincère, qui croit à son discours, et que j'ai trouvé incroyablement plus dynamique ce jour là que M. Cohen qui avait l'air complètement harrassé sur son siège, pour ne pas dire accablé.
La différence entre les deux, c'est que Simon y croit, mais que Cohen n'y croit pas, ou plus. Ces petits détails sont difficiles à expliquer, ils sont dans l'air, imperceptibles, mais tellement parlants...pour un internaute averti.

Amicalement
Gold31 ( auteur du TGV Russe )