Rencontre avec deux jeunes du MoDem

Publié le par gk

 
Mardi 18 février, j'ai rencontré au local de campagne du MoDem, deux jeunes colistiers de Jean-Luc Forget, messieurs Etienne Durand-Raucher, n°7 de la liste, et Xavier Martini, n°21. En voici l'interview :
 
 
Pouvez-vous vous présenter ?
 
E-D-R : Je m'appelle Etienne Durand-Raucher, j'ai 22 ans. Je suis étudiant en cinquième année de droit public, et j'ai été président des jeunes de l'UDF 31 entre 2005 et 2007.
 
X-M : Je suis Xavier Martini, j'ai 28 ans, je suis membre de Cap 21 depuis 2004. Lorsque Corinne Lepage a rallié le mouvement de François Bayrou, j'ai adhéré au MoDem. Nous sommes tous les deux colistiers de Jean-Luc Forget, et d'ailleurs, on peut noter que les jeunes ne sont pas en fin de liste. Le MoDem ne fait pas de jeunisme : Toulouse est la deuxième ville étudiante de France, il est normal que les jeunes soient représentés.
 
Pourquoi avez-vous adhérer au MoDem ?
 
X-M : Tout d'abord, j'ai adhéré à Cap 21 pour des raisons écologiques. Je suis convaincu que la politique peut avoir de l'impact sur l'écologie. Et le mouvement de Corinne Lepage tâche d'intégrer l'écologie dans l'économie de marché. L’intégration au MoDem est logique, puisque les idées sont proches.
 
E-D-R : J'ai adhéré à l'UDF à 16 ans, suite au 21 avril 2002. J'ai adhéré pour le programme. Le MoDem est la consécration de ce que je voulais que l'UDF soit.
 
Justement, y a-t-il une différence entre l'ancienne UDF et le MoDem ?
 
E-D-R : Ce qui a changé, c'est qu'avant, c'était un parti de cadres, alors que maintenant il y a plus de jeunes. L'UDF était un parti d'élus, le MoDem est un parti de militants.
 
Quel est selon-vous le bilan de Jean-Luc Moudenc ?
 
X-M : Au MoDem, on estime que Jean-Luc Moudenc et Philippe Douste-Blazy n'ont pas un bilan tout noir, ni tout blanc. Mais sur certains points, on peut apporter des améliorations. En matière de démocratie, rien que sur des travaux comme le métro, la LMSE ou la rue Alsace-Lorraine, les gens n'ont pas été écoutés. Je me souviens qu'à l'ouverture de la ligne B, il y a eu une manifestation à Empalot car il n’y avait plus assez de bus dans le quartier !
Sinon, en matière de gestion des déchets, il faut savoir que 90% des déchets sont brûlés dans l'incinérateur, ce qui est bien trop élevé.
 
E-D-R : Jean-Luc Moudenc est un homme de terrain, un bon gestionnaire, il faut lui reconnaître cela. Mais il a un cruel manque d'ambition pour la ville. Il n'y a pas assez de concertation, à Toulouse. Sa liste est censée être dépolitisée. Mais si jamais ils sont élus, je me demande comment ils parviendront à travailler ensemble ! Il y a un manque de renouvellement évident. Je crois que le premier jeune de la liste est 41è. Des gens sont là depuis trente ans : la politique devient une carrière, pour eux. Nous, si on est élu au Conseil municipal, au bout de douze ans, on n'y prétendra plus, et même si on est élu dans l'opposition.
 
Quelle analyse faites-vous de la campagne électorale ? 
 
X-M : C'est une campagne bipolarisée. Il y a quelques jours, on a eu droit lors du débat Cohen-Moudenc à un échange de banalités. Les autres listes n'étaient pas invitées. Pourtant, quatre voire cinq listes devraient faire au moins 5% lors du premier tour. On ne donne pas assez de temps de paroles aux autres partis. Dans les médias, on a du mal à se faire entendre, mais sur le terrain, on a un bon accueil.
 
Et sur celle du MoDem ?
 
X-M : Au niveau national, on a le sentiment que la campagne du MoDem est incomprise par certains de nos adversaires. On a pour principe de soutenir les bonnes mairies, qu'elles soient de gauche ou de droite importe peu. Par contre, là où on estime que le bilan du maire en place est insuffisant, ou qu’il n'est pas bon, on présente une liste.
 
E-D-R : Au niveau local, on mène une campagne de terrain. Notre but est de faire connaître Jean-Luc Forget, car il manque de notoriété. Pourtant, il gagne à être connu ! Les médias locaux mettent en avant deux candidats. Pourtant, j'ai le sentiment que les deux grands partis, l'UMP et le PS font de Toulouse une optique nationale, alors que l'enjeu est local.
 
X-M : Oui, ce qui importe au toulousain, c'est qu'on réponde à ses problèmes quotidiens.
 
Qu'est-ce que c'est, être colistier au jour le jour ?
 
X-M : Chacun a un rôle. Moi je fais beaucoup de tractage.
 
E-D-R : Moi je suis plutôt l'homme de l'ombre, je réponds aux mails posés. C'est une campagne humaine, c'est fort. Quand on est maire, ou conseiller municipal, on est en capacité de changer la vie des gens. C'est le sens de la politique de rendre plus facile le quotidien des gens.
 
Y-a-t-il des propositions pour les jeunes dans le programme du MoDem ?
 
X-M : Oui. La principale priorité est la mobilité des jeunes. Nous avons un projet que nous avons intitulé "étudiants sans voiture", dont l'objectif est qu'en 2014, un jeune n'aura plus besoin d'utiliser sa voiture, à Toulouse. Pour cela, il faut développer les transports sécurisés de jour comme de nuit, ouvrir les vélô Toulouse la nuit, et les étendre aux universités. Aussi, on peut envisager que quand il n'y a pas trop de monde, on puisse prendre son vélo dans le métro.
 
E-D-R : On doit aussi se préoccuper du logement étudiant. Aujourd'hui, un jeune, lorsqu'il recherche un logement, doit aligner une caution, le premier mois de loyer et les cotisations : c'est impossible sans l'aide des parents. Il est anormal d'être aussi dépendant des parents. Ainsi, la mairie peut se porter garant. Aussi, on peut encourager la solidarité : si un étudiant rend service quotidiennement à une personne âgée, elle peut payer une partie de son loyer. On doit également créer des logements étudiants aux normes environnementales.
 
X-M : Il y a beaucoup de jeunes à Toulouse; En matière de démocratie locale, il est nécessaire de développer une instance représentative des étudiants pour les questions qui les intéressent. Aussi, on peut aussi apporter de la nourriture bio non seulement dans les cantines, mais aussi dans les restaurants universitaires, en partenariat avec les producteurs locaux. Car une des responsabilités de la municipalité est de faire vivre les agriculteurs de la région.
 
Jean-Luc Forget est-il un bon leader ?
 
X-M : Oui. Ce que j'aime chez lui, c'est qu'il ne critique pas les adversaires politiques. Il ne s'enferme pas dans la critique facile, il sait faire confiance, il propose.
 
E-D-R : Je l'ai connu lorsqu'il était candidat à la candidature aux élections législatives de juin dernier. Sa force est de ne pas être un professionnel de la politique. Il est honnête, parfois peut-être trop, et il est très charismatique.
 
On est à moins de trois semaines du premier tour. Un pronostic ?
 
X-M : On ne fait pas de pronostics. L'objectif du MoDem est d'être au second tour, et il n'y a aucune raison pour qu'on n'y soit pas.
 
E-D-R : Oui, on a un programme costaud et une équipe bien préparée.
 
X-M : Le maire sortant a sorti son programme un mois avant la date du premier tour, c'est tard. Nous on a bossé avant, et on ne sort pas des mesurettes de notre chapeau, je pense notamment à l'Office de tranquillité de Pierre Cohen. Cohen et Moudenc ne mènent pas une politique de concertation, ils balancent des projets tout finis. D'ailleurs, on constate que Pierre Cohen nous a repris des idées, notamment sur les transports. Notre tort est peut être de ne pas avoir voulu faire de coup médiatique sur les idées de notre programme.

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Gabriel 18/04/2008 11:11

Bonjour,
pour rentrer en contact avec la fédé MoDem 31 :
http://www.udf31.org/
Sinon, tu peux aller sur les sites suivants, ceux sont des militants du MoDem, ils te donneront plus d'infos que moi (je ne suis pas au MoDem) : http://jeunemodem31.hautetfort.com/
http://www.toulousoscopie.org/ http://www.toulouse-nouvellegeneration.fr/
http://barrejadis.azeau.com/
Avec ça tu devrais t'en sortir !

Eiralafey 18/04/2008 10:55

Bonjour,

Où puis-je rencontrer le modem à Toulouse. Je suis étudiante en histoire de l'art et j'ai cru aux idées de Bayrou dès les présidentielles. J'ai voté pour les verts mais s'il était passé au 2e tour j'aurai voté pour lui, on lui laisse pas de place... J'ai d'ailleurs beaucoup hésité jusqu'aux urnes, si je votais pour Bayrou ou pour l'autre parti...Bref... J'aimerai discuter avec des gens du modem, peut-être pour renforcer mes convictions ou mon envie d'adhérer et donc de soutenir davantage le parti.

Cordialement.

Maïna Le Glatin.

Collectif PDU 22/02/2008 22:17

"Nous avons un projet que nous avons intitulé "étudiants sans voiture", dont l'objectif est qu'en 2014, un jeune n'aura plus besoin d'utiliser sa voiture, à Toulouse. "

ça, c'est très bon !