Compte-rendu du meeting de la liste "Debout !"

Publié le par gk

La salle Jean Mermoz était bien remplie, hier soir, puisqu' environ mille personnes, dont de nombreux jeunes, sont venues assister au concert-meeting de la liste "Debout !", réunissant la LCR, les Motivé(e)s et le collectif de l'appel unitaire antilibéral. Pour introduire la soirée, la fanfare des troubadours, bruit qui court et le groupe stéréotypes se chargeait d'animer joyeusement la salle, en musique. 

Puis Salah Amokrane, fondateur des Motivés et porte parole de la liste, est intervenu. "L'enjeu des quartiers est énorme", "le fossé se creuse" entre deux Toulouse. 
Il a critiqué le fonctionnement du GPV. "500 millions d'euros ont été déboursés. 80% de cette somme a été consacrée à de la pierre. Il n'y a eu aucune volonté de la part du maire de créer du lien social. Il faut inverser cette logique, en consacrant 80% de cette somme dans le social. La question sociale est l'enjeu le plus important." Il signale également : " dans le quartier du Mirail, il y a 40 000 habitants, et il n'y a pas une seule salle de réunion !" Il a ensuite fait le point sur les Motivés : "Certains ont voulu récupérer les Motivés. La démarche des Motivés n'est pas compatible avec l'idée de faire une carrière politique. Moi je ne suis pas candidat. Les Motivés candidats ont entre vingt et quarante ans. La liste Debout est une liste de rassemblement à gauche du PS. François Simon a constamment refusé de faire liste commune", renchérit Salah Amokrane, déclarant au passage qu'il a apprit la candidature de l'Autre liste dans La Dépêche. Il reprend et conclut : "Aujourd'hui les Motivés constituent un tiers de cette liste. C'est parce qu'on est resté Motivés qu'aujourd'hui nous sommes Debout."

Au tour de David Fourcade, rerésentant du collectif antilibéral, il est revenu sur le désistement de certains. " Le PCF n'a pas donné suite à nos demandes. François Simon, lui, s'est posé en homme providentiel de la gauche toulousaine (...). On n'a pas réussi à réunir tout le monde, mais les divergeances sont minimes. " Il a ensuite prôné une démocratie effective, en mettant en place des "conseils de quartiers avec budget participatif", à la manière de la ville du Brésil, Porto Allègre, qui a réservé 30% du budget de la municipalité aux habitants des quartiers populaires. La liste Debout souhaite aussi créer "un pass culturel moduler les tarifs en fonction des revenus". 

Myriam Martin a alors pris la parole. "Presqu'un an après l'arrivée de Sarkozy au pouvoir, les municipales peuvent sanctionner sa politique, et sont représentant local, Jean-Luc Moudenc. (...). 
Elle a décrié la poltique municipale locale et souhaite "combattre la politique sécuritaire, désarmer la police municipale, arrêter la vidéosurveillance". Elle égraine d'autres mesures, comme celle de créer un service municipal du logement, et de réquisitionner les logements vides, ou encore de remunicipaliser l'eau, s'en prenant au passage à Véolia : "il faut sortir tous ces requins du privé !". Elle exige "la gratuité des transports pour tous" et a plaidé pour le droit de vote de tous les étrangers à toutes les élections. Elle conclut, en forme d'avertissement : "nous ne vendrons jamais nos convictions pour un poste d'adjoint au maire. Rendez-vous au 9 mars et au 10 mars, pour continuer la lutte !"

Après cela, ce fut autour d'Olivier Besancenot de prononcer un long discours, très attendu par l'assistance. S'exclamant avec aisance, il a littéralement soulevé les foules : "Après les municipales, il va y avoir du sport, des luttes, des batailles !". Il a décrit la liste Debout! comme "une belle liste", puis a décrié la politique de Sarkozy de manière cinglante. "Sarkozy a tenu ses promesses. Il a dit qu'il ferait des cadeaux aux plus riches, il l'a fait ! Il se présente comme le candidat de la rupture : sa politique est le libéralisme qu'on a connu depuis trente ans, en plus dur !". "Tout augmente, sauf les salaires ! Mais pas ceux de Sarkozy et des partons du CAC 40. (...) Le moyen le plus simple d'augmenter le pouvoir d'achat, c'est d'augmenter les salaires.", poursuit-il, avant de revenir sur les élections municipales : "si on peut envoyer une bonne claque au gouvernement, alors, envoyons-lui !", et avertit : "Il faut voter utile. Vraiment utile !". 

Il a ensuite présenté son projet, celui de lancer un nouveau parti anticapitaliste, et il en a décrit les grandes lignes de fonctionnement."Nos luttes ont besoin de plus de constance. On est nombreux à vouloir fédérer la gauche de la gauche. On n'est jamais d'acord entre nous. Cela fait combien d'années que ça dure ? (...) Il faut créer un outil politique pour tenir tête au pouvoir." Il a ensuite levé les inquiétudes de certains quant à la volonté d'hégémonie de la LCR : "la LCR dispaîtra. Il n'y aura pas de parti dans le parti, et ça ne sera pas non plus "le parti d'Olivier Besancenot". Je ne serai qu'un porte parole, rien de plus". Il fini en disant : "il faut tenter, définir ensemble, le fonctionnement, le programme et le nom d'un futur parti. On n'a pas envie de rester spectateur de l'Histoire."

Puis le facteur s'en est allé, vivement applaudi, laissant place aux toulousains Mouss et Hakim, le soin de conclure la soirée, en musique. La liste Debout espère faire au moins 5% à Toulouse.  

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